Véritable « carte de visite » pour ces futurs cinéastes/auteurs, les films réalisés tous les ans par les étudiants – grâce au soutien de la Région Auvergne Rhône Alpes et du CIRTEF (Conseil International des Radios-Télévisions d’Expression Française) sont sélectionnés et primés dans de nombreux festivals en Afrique et à travers le monde.

tournage
Le Film individuel

– durée : maximum 26 minutes

Ce film a l’ambition de sortir du cadre d’un exercice pédagogique pour devenir un film à part entière. Deux formateurs accompagnent les étudiants le long du processus créatif qui les mène de l’intuition d’une forme à un film fini : définition du projet et des intentions de réalisation, repérages, écriture —c’est à dire l’élaboration d’un dispositif spécifique et adéquat de captation du réel— et, finalement, tournage.

L’essentiel du travail des formateurs est d’être à l’écoute des réalisateurs, parfois d’aller chercher chez les étudiants l’intuition —voire le désir— d’un film qu’ils ne seraient pas encore en mesure d’énoncer puis de les aider à identifier —ou inventer— une forme pour véhiculer ce qu’ils voudraient que leur film raconte. Les étudiants partent sur le terrain avec des intentions précises et énoncées. De leur tournage, ils rapportent quotidiennement des images et des sons. Le visionnage critique de cette matière avec les formateurs leur permet de re-penser le dispositif afin que le réel réponde avec le plus d’éloquence possible aux questions posées par le cinéaste.

L’enjeu : apprendre à raconter la réalité avec un point de vue, sans la trahir.

L’écriture et la réalisation du film individuel représentent 40% environ du volume horaire de la formation (600 heures en tout). Elles se déroulent sur 8 semaines réparties en : 3 semaines de repérages et d’écriture, 2 semaines de tournage et 3 semaines de montage. A saint-Louis, un formateur professionnel, réalisateur confirmé sénégalais -Mamadou Sellou DIALLO- accompagne individuellement les étudiants pour l’écriture des projets de film tout au long des repérages puis durant la première semaine de montage. C’est le moment où il faut retrouver le film et ses intentions dans les images et les sons ramenés du tournage. L’écriture est alors très importante pour ne pas « subir » le tournage.

Un autre formateur professionnel est présent pendant la période des tournages pour apporter une expertise technique (image et son).

Enfin, un monteur professionnel intervient pour accompagner les jeunes réalisateurs dans le montage de leur film.

A noter que si ces films de fin d’études veulent avoir une large diffusion, il nous faut veiller à la qualité de leur sur-titrage et pouvoir présenter au moins une version française et une version anglaise. C’est une condition indispensable pour leur donner accès à des festivals, et des diffusions Tv.

(texte : Alain-Paul Mallard, Emmanuel Parraud et Mamadou Sellou Diallo)

Le Film Collectif

– durée : maximum 52 minutes

Comment se fait un film à plusieurs ? Est-ce additionner les regards. Est-ce collectionner les subjectivités? C’est, avant tout, expérimenter une autre poétique du cinéma qui associerait pédagogie et politique. A l’École documentaire de Lussas, comme à Saint-Louis, les étudiants du Master se confrontent à cette pratique du film collectif .

Il s’agit d’accompagner les étudiants vers un film qui serait collectif au sens de faire ensemble ; et non pas un collage de plusieurs morceaux de films autour du même thème ou territoire (ce qui pour nous peut être une expérience collective tout aussi intéressante).

L’expérience est d’essayer de pouvoir être ensemble dans un espace, de penser ensemble un film, et de le réaliser ensemble avec toutes les incomplétudes que l’on peut rencontrer.

La première semaine est consacrée à une approche du territoire du film (repérages filmés, rencontres, tentatives de fixer une intention formelle qui guiderait le tournage).

Sellou Diallo:  « Nous menons cette expérience du film collectif autour du -faire œuvre- et des différentes questions qu’il nous semble intéressant de se poser pour aborder un film :

La situation d’engagement 

  • Comment expliquer aux autres ce que l’on veut faire ?
  • Comment engager les autres à faire l’aventure du film avec vous ?
  • Comment envisager le film en pensant en images, en récit ?
  • Comment s’engager à nous raconter une histoire ?

A travers le visionnement et l’analyse de plusieurs œuvres de qualité et d’esthétique différente, nous recherchons avec les étudiants le dispositif du film : Comment l’auteur s’y prend pour nous raconter son histoire, d’une séquence à l’autre ? Comment rendre compte des intentions politiques à travers des images, du son. Comment traduire une idée, une pensée en image. »